Monica, productrice de cacao à Pichucalco, et sa famille

Rencontre : Monica, productrice de cacao à Pichucalco

On ne pouvait pas voyager au Mexique sans visiter une plantation de cacao. Et ce qui devait n’être qu’une visite guidée de 2 heures d’une petite plantation familiale s’est transformé en une rencontre incroyable ! On vous raconte tout !

San Cristobal de Las Casas, Chiapas, dimanche 19 août

20180820_113626

Même en photo ça donne trop faim, non ?

Très peu de temps après notre arrivée au Mexique, nous avons posé nos sacs à dos quelques jours à San Cristobal de Las Casas, la plus ancienne ville coloniale du Chiapas. Une petite merveille architecturale à l’ambiance très agréable où nous nous sommes beaucoup plu. Et pour ne rien gâcher, elle se situe à 2000 m d’altitude et il y fait frais, ouf ! Lors d’une visite guidée de la ville, on nous conseille la « meilleure chocolaterie de la ville ». Si vous cherchez des bonbons de chocolat, vous en trouverez bien deux ou trois mais on est loin de la tradition belge. En revanche, vous pourrez y déguster un chocolat chaud à base de chocolat plus ou moins riche en cacao (Mehdi est fan du 100% !!! Attention amertume !!!), préparé avec du lait ou de l’eau, et agrémenté d’épices au choix. Effectivement, nous n’avons pas été déçus. Les boissons étaient incroyablement bonnes et bien dosées.

Depuis quelques temps, Mehdi cherchait sans succès à identifier une plantation de cacao qui se visite sans avoir besoin de de faire un détour par le fin fond de la jungle. Mais à chaque fois, on nous répondait que les plantations se trouvent à 8 ou 9h de là, hors de tout circuit touristique. Cette fois, le barista nous parle de la plantation Frucao qui le fournit en direct. La plantation se trouve dans l’Etat de Tabasco, sur la route entre San Cristobal et Villahermosa. Nous n’avions pas forcément prévu de passer par là mais comme ça ne représente pas un gros détour, on décide de les contacter.

Mehdi repère facilement leur page Facebook et envoie un message. Monica nous répond immédiatement et nous convenons d’une date de visite. Elle nous renseigne sur les transports à prendre pour arriver et repartir vers Villahermosa le soir même. Pas simple, il y a beaucoup d’étapes mais l’objectif nous plaît. Banco, on y va !

Pichucalco, Chiapas, mercredi 22 août

Nous nous levons très tôt. Monica nous a prévenus qu’il y a au moins 5 heures de transport pour arriver jusqu’à Pichucalco. Nous prenons d’abord un colectivo (minibus qui part quand il est plein) jusqu’à Bochil. Monica nous l’avait bien dit, ça tourne beaucoup sur la route. Médoc anti-vovo fortement conseillé ! Un second colectivo nous amène à Pueblo Nuevo (mouais, les Mexicains n’ont pas vraiment la même notion de village que nous, c’est grand pour un village !…). En arrivant, on saute dans un tuktuk pour rejoindre le terminal pour Tapilula, puis on grimpe à l’arrière d’un pickup bâché avec des petites banquettes sur les côtés. C’est très sommaire mais pas cher et il n’y a que 35km… de virages ! Enfin, nous prenons un dernier colectivo pour Pichucalco. Nous arrivons après 6h30 de trajet. Ici le cacao, ça se mérite !

Monica vient nous chercher au terminal et nous emmène directement sur la plantation. Il fait très chaud, nous commençons donc la visite par boire à même une noix de coco fraîchement cueillie dans le jardin. Ça commence très bien. Monica nous présente les installations et nous explique les étapes de fermentation et de séchage du cacao. La plantation n’est pas grande, elle achète la production de fermes environnantes qui ne disposent pas des installations adéquates pour la transformation. Elle produit et transforme trois variétés de cacao : nativo (qui s’appelle criollo hors du Mexique), le trinitario et le forastero. Toute la production est destinée au marché mexicain. Selon les demandes de ses clients, elle produit du cacao fermenté ou du cacao lavé. Ce dernier est celui traditionnellement consommé par les Mexicains, aussi bien en boisson qu’en tablette de chocolat. En Europe, on ne consomme que du cacao fermenté.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Elle nous emmène ensuite visiter une partie de la plantation à proprement parler. Nous nous retrouvons dans une parcelle de jungle, envahie par les moustiques (qui ne nous font pas de cadeaux !), où les cacaotiers poussent en liberté et en harmonie avec d’autres variétés d’arbres, comme le ramboutan (sorte de litchi à l’enveloppe poilue, délicieux !), les poivriers, ou les canneliers (dont l’écorce donne la cannelle). Et surtout, nous découvrons les plants de vanille (qui sont des orchidées, donc des lianes) qui poussent librement sur les troncs. Mehdi est dans un état d’excitation proche de celui d’un enfant le matin de Noël. Contrairement à ce qu’on a vu dans la plantation de café au Guatemala, la nature produit ce qu’elle souhaite produire, et l’intervention humaine est extrêmement limitée. Le production est 100% biologique, même si la famille n’a plus les moyens de payer pour obtenir la certification officielle, suite à l’hospitalisation du papa qui a engendré beaucoup de frais.

Beaucoup d’atomes crochus

A la fin de la visite, Monica passe chercher son papa, THE spécialiste de la famille et nous partons déjeuner en dehors de la ville, dans un petit comedor (resto typique) familial, tenu par un ami du papa. Elle nous fait goûter les plats typiques de la région : des morceaux de viande (peau ?) bien visqueux cuits dans le vinaigre… euh, beurk ?… et un plat succulent de légumes et viande cuit dans des feuilles de jaco, suivi de bananes plantains frites servis avec un fromage proche de la feta. Un régal (à part le truc visqueux) !

Pendant le repas, on papote beaucoup. On se rend d’ailleurs compte que notre niveau d’espagnol commence à être pas dégueu ! On discute vite, on se raconte plein d’anecdotes et quand Monica apprend que Mehdi est pâtissier, et que son art lui manque, elle nous invite immédiatement à passer la soirée chez elle avec la famille. Il y a un hôtel pas cher à 10 mètres de la maison, banco, on reste !

On dépose nos affaires puis nous découvrons la maison (immense) et la famille (très nombreuse). Ils sont onze, et à part le papa, il n’y a que des filles, sur 3 générations, toutes très bavardes. L’ambiance est incroyablement chaleureuse et contrairement à notre rencontre avec Andrès au Costa Rica, tout le monde cherche à nous parler, de la nièce de 5 ans à la maman. Ça parle vite, on est un peu paumés par moment mais on comprend le sens général de la conversation. Et comme en grandes bavardes, elles nous offrent parfois des monologues, on s’en sort très bien !

A peine arrivés, Monica sort de grandes boîtes de chocolat pour déguster les différentes variétés. On en goûte des dizaines ! C’est incroyable de voir tous les arômes qu’ils arrivent à extraire de leurs fèves. Puis Mehdi passe en cuisine, assisté de Monica et de sa soeur qui ne veulent rien louper de la recette. Ce soir, ce sera fondant au chocolat. La cuisine est équipé de tout le nécessaire. Il y a même un robot KitchenAid !!! Un an qu’il n’en avait pas vu, Mehdi est aux anges.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La soirée se passe dans la bonne humeur avec toutes les filles qui se relaient autour de la table pour regarder, goûter, papoter. Nous dégustons les liqueurs maison préparées avec les fruits de la plantation et quelques quesadillas maison. Et bien sûr, le fondant au chocolat, un régal même si un tout petit peu trop cuit au goût de Mehdi !

En fin de soirée, Monica m’informe qu’elle ne veut pas être payée pour la visite de la journée. Elle s’estime largement assez remboursée par les talents du pâtissier. Et nous sommes invités le lendemain pour le petit déjeuner.

La naissance d’un business d’importation ?

Le lendemain matin, nous déjeunons d’oeufs, jambon, fromage succulents et des fameuses bananes plantains frites et caramélisées (on a récupéré la recette, c’est vraiment une tuerie !), le tout arrosé d’un chocolat chaud préparé à la mode mexicaine.

La famille produit également de la vanille, LA fameuse vanille du Mexique, l’originelle ! C’est en effet au Mexique qu’a été découverte la vanille qui est aujourd’hui produite dans toutes les zones tropicales du monde. Elle n’est pas donnée, mais la qualité de celle produite ici est démente, et ça reste plus accessible que les tarifs pratiqués en France ! Mehdi en veut absolument et, quitte à en acheter, il en propose aux copains via internet. Tout le monde en veut, nous prenons donc tout le stock, soit près de 2 kilos (« Euh, tu crois pas qu’on devrait prendre une assurance avec ? On en a quand même pour quelques centaines d’euros ! »).

Nous découvrons le laboratoire de Monica, totalement aménagé pour préserver tous les arômes de la vanille, travailler le cacao dans les meilleures conditions possibles, et éviter les infections. On a vite compris au niveau de professionnalisme pourquoi la cuisine était aussi bien équipée !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Finalement, nous sommes repartis à 13h, pas loin de 23h après notre arrivée ! Nous serions bien encore un peu restés, mais comme nous n’aurons pas le temps de visiter le nord du Mexique cette fois ci, on reviendra. Et on repassera voir Monica et sa famille, c’est sûr !

4 réflexions sur “Rencontre : Monica, productrice de cacao à Pichucalco

  1. Sophie Vanderbecken dit :

    Bonjour! Chouette rencontre dans une famille de cacaotiers extraordinaire… Nous travaillons avec eux 😉
    Veuillez juste rectifier que Pichucalco est dans l’état du Chiapas, à une bonne heure de l’état de Tabasco…
    Bonne suite pour votre voyage!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s