Bolivien-solite : le retour de la top rubrique !

Après des mois d’absence, voici le retour en grande pompe de la rubrique des Insolites. La Bolivie regorge tellement de situations cocasses ou d’histoires à dormir debout qu’on se devait absolument de publier un article croustillant rien que pour vous. Vous êtes prêts ? Régalez-vous !

Le pays-orchestre

Pendant notre mois en Bolivie, pas un jour ne s’est passé sans qu’on ait eu affaire à une fanfare (petits villages mis à part). Que ce soit pour l’anniversaire du collège, pour une fête religieuse, pour une manifestation revendicative ou pour une célébration patriotique, on sort les cuivres ! On a l’impression que tout le monde ici joue d’un instrument. C’est joyeux, vivant, on adore.

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Bloqué-oh !

Vous vous plaignez des grèves de la SNCF ? Sachez que le Bolivien ne se laisse pas marcher sur les pieds. Quand quelque chose ne va pas, il le dit haut et fort. Si bien que lorsqu’un différend sur l’exploitation d’une ressource de gaz éclate entre les départements de Santa Cruz et de Chuquisaca, la ville de Sucre (capitale du second département) décide tout bonnement de créer un énorme « bloqueo » : traduisez des barrages routiers géants empêchant toute entrée ou sortie de la ville pendant plus de 10 jours. Certains touristes s’y sont retrouvés coincés. D’autres ont réussi à s’en échapper en soudoyant des taxis… avant de se retrouver coincés dans un autre « bloqueo » quelques centaines de kilomètres plus loin en arrivant dans le département de Cochabamba (qui manifestait pour des raisons tout à fait différentes, vous vous en doutez bien). Sur la Isla del Sol (l’Île du Soleil), petit paradis de tranquillité sur le lac Titicaca, c’est le village du nord qui bloque l’accès de 2/3 de l’île aux touristes depuis février 2017 parce que le village sud ne partage pas suffisamment les retombées touristiques.

Mais on ne vous a pas encore raconté la meilleure des meilleures ! Un jour, le gouvernement a décidé que « Los Simpson » était un dessin animé trop débile et en a interdit la diffusion. C’était sans compter sur la popularité d’Homer&Cie. Après une énorme révolte populaire, le gouvernement a fait marche arrière et on peut retrouver les Simpson à la télévision bolivienne… 3 fois par jour !!!

Quand on vous dit qu’il y a de la vie dans ce pays !

Deutsche qualität

Dans le sud bolivien, on trouve les vignobles parmi les plus hauts du monde, à plus de 3000 m d’altitude. Les vignes bénéficient d’un climat particulièrement ensoleillé et doux. Tout semble adapté pour que la Bolivie tire son épingle du jeu sur le terrain des vins sud-américains. Que nenni… le vin bolivien est tout simplement dégueulasse ! Vin rouge sucré, vin blanc liquoreux, rien ne fonctionne. Pourtant, un Bolivien a raconté pas peu fier à un couple d’amis qu’un vigneron allemand était venu s’installer dans la région, gage du savoir-faire européen en matière de vin. Un jour, il faudra leur expliquer les dommages du « savoir-faire » allemand en Europe (rooooh, c’est petit ça monsieur !).

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Roses et vignes en Bolivie

Schyzophrénie étatique

La Bolivie a « deux capitales ». Bien que tout le monde pense à La Paz, capitale gouvernementale, la capitale constitutionnelle de la Bolivie reste Sucre, même après le déménagement du gouvernement à La Paz. Et attention à ne pas froisser la susceptibilité des habitants de Sucre, rappelez-vous le point précédent.

A la santé de la Pachamama !

Le culte de la Pachamama, Déesse Terre, reste très ancrée en Bolivie. Lorsqu’on consomme un mets produit localement, il faut d’abord en jeter un peu par terre, « pour la Pachamama ». On trouve également toutes sortes d’offrandes dans les magasins spécialisés : bouteilles d’alcool, feuilles de coca, biscuits… et les foetus de lamas ! Oui oui, des foetus de lamas sont utilisés pour les occasions importantes. Par exemple lors de la construction d’une maison, il est bien vu par la Pachamama qu’un chaman enterre un foetus de lama sous les fondations afin de demander la permission à la déesse ! Mais ne soyez pas horrifiés, ces « bébés » doivent être morts d’une mort naturelle. Ouf !

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Magasin d’offrandes à la Pachamama. Observez bien les foetus de lamas accrochés en hauteur !

Mais ce n’est pas fini. La légende raconte que lorsqu’il est décidé de construire une très grosse structure (un stade, un pont…), la déesse ne se satisfait pas d’une si « petite » offrande. Il y a alors des « super-chamans » (collant bleu, sur-slip rouge, cape…) qui vont trouver des SDF, ivrognes ou autres sans famille (Rémi, prend garde à toi !) dans les rues, tard le soir, qui les droguent et qui les enterrent vivants sous les fondations afin d’honorer comme il se doit la Pachamama. Légende urbaine ou réalité* ? Quoi qu’il en soit il est déconseillé de déambuler ivre mort dans les rues de La Paz au milieu de la nuit.

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Ne comptez pas, il y a 37 « ly ». L’espagnol est la langue la plus parlée de Bolivie, bien entendu, mais on peut également y entendre parler quechua ou aymara (langues de l’empire inca, respectivement parlées par 9,6 et 2,2 millions de personnes !). Au total, l’état bolivien ne reconnaît pas moins de 37 langues officielles ! Un sacré micmac.

Super nanas !

Les « Cholitas », ces Indiennes aymaras ou quechuas au look inimitable, sont des femmes hors normes qui ont plus d’un tour dans leur sac… ou plutôt dans leur chapeau. Tout d’abord, ce sont de véritables machines de guerre. Capable de porter des charges lourdes dans leur « baluchon » coloré, à 4000 m d’altitude, de marcher des kilomètres en étant bien moins fatiguées que nous, de tenir un stand de marché d’une main de fer ou de donner naissance des dizaines d’enfants sans pour autant finir femme au foyer… Il existe même des combats de catch de Cholitas en tenues traditionnelles, aujourd’hui officiellement reconnues par la ligue professionnelle des Etats-Unis. On vous l’accorde, le spectacle est douteux. De vrais bulldozers on vous dit ! Il vous en faudra beaucoup pour les fatiguer.

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Côté look, elles sont tendance ! (Très) bien en chair, elles ont les hanches larges et grasses, signe d’une capacité à enfanter sans équivalent (une bonne dizaine d’enfants en général). Les hommes adorent ! Le tout réhaussé par un ensemble sophistiqué composé d’une robe à trois volants, d’un tablier et de très belles tresses décorées de pompons et autres tissus colorés, rien ni personne ne leur résiste. Mais revenons à ce célèbre chapeau melon, si haut porté : il indique leur situation sentimentale. Bien droit, il informe que la Cholita est mariée : pas touche. Sur le côté, cette dernière est divorcée, veuve ou célibataire. Bref, c’est totalement « open ». Il paraît même que si elle porte son chapeau droit mais très en arrière, ça signifie « relation compliquée ». Et gare à vous si elles vous montrent leurs mollets en se baissant. C’est la partie la plus sensuelle de leur corps et seules les femmes célibataires sont autorisées à les montrer à leurs prétendants. Vous voilà prévenus.

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Catch de Cholitas (photo issue d’internet)

C’est pas l’homme qui prend la mer…

Il y a 135 ans, la Bolivie et le Chili signait le traité mettant fin à la guerre du Pacifique. Lors de cette défaite, la Bolivie a perdu 400 km de côtes lui permettant l’accès à l’Océan Pacifique, enclavant totalement le pays entre ses puissants voisins. La blague ? C’est que le Chili a lancé une attaque surprise (qui lui a offert la victoire) le lendemain du carnaval bolivien… affrontant ainsi une armée bolivienne avec une énorme gueule de bois ! La Bolivie revendique encore aujourd’hui devant la Cour internationale de justice un droit d’accès à l’océan, que le Chili lui avait promis lors de la signature du traité.

Plus blanc que blanc

Sucre est appelée la ville blanche, et pour cause, toutes les façades sont d’un blanc immaculé. Il paraît que c’est pour éloigner l’orage (hum…). Les habitants tiennent tellement à cette couleur que, aux vues du nombre d’échafaudages, le métier de peintre en bâtiment est sans doute l’un des plus prospères de la ville.

Un, deux, trois, Soleil !

La Isla del Sol, la plus grande île du lac Titicaca, est une charmante destination loin des tracas de la ville. Mais c’est avant tout le berceau de la culture inca. Selon les croyances de l’époque, c’est sur cette île (devenue sanctuaire) qu’est né Inti, le dieu du soleil. C’est également ici que serait apparu le premier empereur inca. Rien que ça !

Secrets d’histoire

En parlant des Incas, nous pensions bêtement que ces derniers étaient une civilisation ancestrale d’Amérique du Sud. On est restés un peu bêtes lorsqu’on a découvert que cette dernière était née au XIIIème siècle, le fondement de leur empire ne datant « que » de 1436. En moins de 150 ans, ces derniers ont conquis un immense territoire, avant l’arrivée des Espagnols. Ils ont même conquis le Chili seulement quelques dizaines d’années avant l’arrivée des conquistadors, qui les ont ensuite repoussés, jusqu’à anéantir leur empire.

Au voleur !

La Lambada est bolivienne ! Oui oui, et je le clame haut et fort ! Quelle ne fut pas notre surprise quand on a entendu cet air si connu version flûte de pan lors de notre virée en 4×4 sur l’Altiplano. Notes dansantes inventées par le mythique groupe bolivien « Las Kjarkas » (de vraies rock stars ici), la mélodie fut tout bonnement volée par les Français de Kaoma, qui ont sorti le tube planétaire « la Lambada ». Sans aucune autorisation ni indemnisation des droits d’auteur évidemment (« bah quoi, c’est loin et c’est pas connu la Bolivie ! »). Heureusement, le groupe bolivien a gagné son procès contre les méchants Français voleurs de tubes.

Motus et bouche cousue

En Bolivie, il faut faire attention à ce qu’on raconte dans la rue. Si bien que lors d’une visite guidée dans les rues de La Paz, notre charmante guide a dû parler de « sucre » lorsqu’elle voulait nous parler du « trafic de drogue » en prison, si bien qu’on s’y est un peu perdus lorsqu’elle nous a réellement parlé de « sucre ». Il a également fallu qu’on se retrouve dans un bar, à l’abri des oreilles bien pendues, pour parler du bilan (très controversé) du président actuel, Evo Morales. Ah, démocratie quand tu nous tiens…

Plouf plouf, ce sera toi qui sautera !

193 ans d’existence, 80 présidents. Soit un président tous les 2 ans 3 mois (si on ne compte pas le dernier en date, Evo Morales – on en reparlera). Pour un mandat présidentiel d’une durée officielle de 4 ans (passé à 5 ans depuis 2010), ça fait un paquet de présidents qui ont sauté en plein vol, faisant de la Bolivie l’un des pays les plus politiquement instables du monde… On vous l’a déjà dit plus (bloqué-)haut, ils sont chauds les Boliviens !…

Morales-euh, Morales-euh**

…Mais ça c’était avant. Avant l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales, premier Indien aymara au pouvoir dans ce pays. D’abord perçu comme un sauveur, il fit beaucoup pour le pays durant ses premiers mandats (baisse de la pauvreté et des inégalités, reconnaissance des minorités, nationalisation des entreprises majeures afin de relocaliser les investissements, désenclavement des banlieues de La Paz grâce à un système de télécabines, militantisme anti mal-bouffe – la Bolivie est l’un des rares pays dans lequel il n’y a pas de McDonald’s – et pro-écologie…).

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Entrer une légende

Mais depuis, rien ne va plus. Suite à ses deux mandats (nombre maximum), il redéfinit la constitution, change le nom du pays et se représente. « Ben oui les gars, j’étais le président de République de Bolivie, et je me présente à la présidence de l’État plurinational de Bolivie, c’est pas le même pays, donc ça ne compte pas ». Récemment, il a même demandé par référendum s’il pouvait se présenter pour un 4ème mandat. Ce référendum fut une déculottée pour le pouvoir en place. Mais au nom de la « stabilité nationale », il est passé outre la volonté du peuple en faisant appel au tribunal constitutionnel, qui a validé sa candidature, envoyant au peuple bolivien un petit « parle à mon cul, ma tête est malade ». Homme providentiel ou dictateur en herbe… Difficile d’y voir clair pour le moment.


* Un livre (biographique ?) bolivien, ensuite tourné en film, raconte l’histoire d’un ivrogne qui est passé à deux doigts de se faire sacrifier pour la Pachamama : « El Cementerio de los Elefantes » (le Cimetière des Eléphants). Il faut qu’on le regarde, puis on vous dira.

** C’est à qui aura la référence de ce titre

15 réflexions sur “Bolivien-solite : le retour de la top rubrique !

  1. Véronique dit :

     » (Très) bien en chair, elles ont les hanches larges et grasses, signe d’une capacité à enfanter sans équivalent (une bonne dizaine d’enfants en général). Les hommes adorent !  »
    Désolé mais on parle de femmes ou de bétail ?

    J'aime

    • Mehdi dit :

      Bonjour Véronique,
      Pour la forme, on parle surtout d’humour, comme tout au long de cet article. Pour ce qui est du fond, rien n’est inventé. Les famille boliviennes Ayamara ont beaucoup d’enfants, et être bien en chair est effectivement un critère de beauté (et de bonne santé) chez les femmes de cette communauté.
      Vous me voyez désolé si mon humour (ou les coutumes locales ?) vous heurtent. Je reste à votre écoute si vous avez des questions ou d’autres observations sur le fond de cet article, ou sur les prochains.
      Amitiés

      J'aime

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