Bilan : Nouvelle-Zélande, en route vers la nature sauvage …

… sans tomber dans la surconsommation touristique.

Tout le dilemme de la découverte de ce pays réside dans cette phrase. Mais commençons par le commencement. Arrivés en Nouvelle-Zélande, on change illico de mode de voyage. A bientôt le sac à dos, bienvenue au van ! Enfin, quand je dis van, ne vous imaginez pas le camping-car grand luxe, notre budget projeté au pays des Kiwis (c’est comme ça que se surnomment les locaux) ne nous permet que de voyager en Toyota Estima de 1992, avec 420.000 km au compteur. Vous ne voyez pas à quoi ça ressemble ? Imaginez un Renault Scenic avec un lit à la place des places arrières et du coffre, et une kitchenette utilisable uniquement coffre ouvert. On ne se plaint pas, c’est cosy, et c’est beaucoup mieux qu’une tente (et on en a vu un paquet, des gars en tente !).

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La Nouvelle-Zélande est un beau pays, mais qui peut être « météorologiquement » cruel avec les touristes et autres voyageurs. Pourtant située à l’équivalent de l’île d’Oléron côté hémisphère sud, le sud de l’île sud (ça fait beaucoup de sud mais c’est pour voir si vous suivez) nous a accueilli à la « Bienvenue chez les Ch’tis », les « Hein biloute » en moins.
Globalement, l’île sud est très sauvage. On peut faire 100 km sans croiser le moindre village (mais en comptant des milliers de moutons !). Elle est d’ailleurs renommée pour ça : les grands espaces ! On a aimé, mais on n’a pas eu le coup de coeur attendu pour cette île. La région des Catlins ressemble à un mélange de Bretagne et d’Irlande, les Fjordland … on vous le donne en mille, c’est comme la Norvège, et les Alpes du Sud ressemblent … aux Alpes ! Yes, vous êtes trop forts. Ajoutez un peu de Corse dans le parc national d’Abel Tasman et vous aurez une idée assez fidèle de ce à quoi ressemblent les paysages les plus touristiques de cette île. Ce qui est chouette, c’est d’avoir tout ça en condensé, mais côté dépaysement total, on n’y est pas. En gros, on se demande un peu pourquoi traverser le monde pour des paysages qu’on peut avoir au prix d’un vol Easyjet. Le voyage camping-car ne favorisant pas non plus les échanges avec les locaux, on ne garde pas de souvenirs impérissables de rencontres avec les Kiwis, contrairement à ce qu’on avait vécu en Asie. Evidemment, la Nouvelle-Zélande ne se résume pas à ceci. Il y a sur l’île sud, des lacs d’une couleur absolument incroyable, des animaux qu’on ne peut voir ou approcher d’aussi près en Europe, et d’autres endémiques de l’île.

Mais c’est surtout, contre toute attente, l’île nord qui nous a le plus marqué. Bien plus peuplée, certes, mais son activité géothermique et volcanique nous a offert des paysages et des couleurs que nous n’avions jamais vus avant. Ça ressemble au parc national de Yellowstone, aux Etats-Unis, à ce qu’il paraît. Enfin une expérience hors du commun ! On en a pris plein les yeux (et plein les mollets dans la randonnée du « Mordor »), et on regrette presque d’avoir suivi le conseil qui suggère « 2/3 du temps sur l’île sud, 1/3 du temps sur l’île nord ». Finalement, on aurait bien fait moit-moit.

Et que serait le voyage sans les copains ! On a rencontré, dans la douleur, un chouette couple de voyageurs français, Tommy et Marine. Dans la douleur ? Oui, on était en pleine ascension du sommet « Roys Peak », du côté de Wanaka, avec une pente à 20% sur 8 km. Forcément, l’effort, ça soude ! On s’est si bien entendu qu’on s’est arrangés pour faire la suite du voyage ensemble, soit quasiment deux semaines à deux vans, enchaînant apéros, découvertes, jeux de cartes, crêpes partys et re-apéros. Le pied !
Bien évidemment, il y a aussi eu les retrouvailles avec Agathe et Antony, nos copains de très longue date venus s’installer à Auckland. Ils se sont vraiment pliés en quatre pour nous accueillir chez eux et nous faire découvrir leur région. On a vraiment fini le séjour en beauté !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Marketing touristique

Ce qui nous a le plus surpris, côté tourisme, c’est la capacité des Kiwis à vendre leur pays, à le sur-vendre même, parfois. On sent bien que la Nouvelle-Zélande est à la mode chez les tour-opérateurs, et que sans tourisme, le pays vivrait de l’exportation de viande de mouton et … de laine de mouton. Bon, on est peut-être un peu vache (haha !), mais globalement, les Kiwis ont bien compris les enjeux du tourisme sur leurs îles.
On nous signale de partout « viewpoint », « lookout » (« point de vue », même si parfois il n’y a pas grand chose à voir, genre on est juste arrivés au sommet d’un col). Ils ont des « scenic roads » (« routes panoramiques ») en veux-tu en voilà. Bref, on sent qu’ils ont bien compris l’intérêt de vendre leur île aux touristes, quitte parfois à en faire un peu trop.
Du coup, le filon étant rentable, certaines « attractions » deviennent « trop » payantes. Entendez par là :

  • Aucun camping gratuit aux alentours de « Milford Sound », l’un des coins les plus touristiques de la Nouvelle-Zélande.
  • Des places payantes pour voir les fameux pingouins aux yeux bleus débarquer sur une plage de la ville d’Oamaru au soleil couchant.
  • Un « taxi boat » absolument hors de prix pour aller faire une randonnée certes jolie mais pas non plus incroyable dans le parc d’Abel Tasman. Sachant que pour marcher sur le plus beau tronçon de la dite randonnée, l’accès en bateau taxi est inévitable.
  • Des tarifs fous pour les sorties bateau/avion/hélicoptère pour aller voir les baleines ou se faire déposer 15 minutes sur un glacier.
  • Un système qui impose de prendre une navette payante (et très chère) pour effectuer la randonnée la plus courue du pays sur les traces du « Seigneur des Anneaux » alors qu’il existe un parking gratuit au départ (mais limité 4h, alors qu’il faut 6h à 8h pour faire la randonnée …)

Tout ceci gâche un peu le plaisir. La nature néo-zélandaise est magnifique mais leur manière quelque peu « Disneyland » de l’exploiter a tendance à frustrer les voyageurs en quête de simplicité et d’authenticité. C’est un pays où l’organisation, la prévoyance et un budget « activités » conséquents sont de mise. C’est un peu la douche froide quand on débarque de 5 mois vécus un peu « à l’arrache » en Asie.

Nos meilleurs spots

Il y a, dans certains coins, des campings qui nous ont particulièrement marqué. On vous les partage afin que vous en profitiez vous aussi :

  • A Lumsden, Motueka et Ngatea : Des campings gratuits au coeur des villes. Quand on voit que certaines autres communes n’autorisent même pas le stationnement en journée (ou alors juste 30 minutes), on ne peut qu’apprécier ces campings. Ces villes ont tout compris : forcément, en étant au coeur de la ville, on consomme local (quelques courses au supermarché du coin, éventuellement un petit resto ou un verre dans un bar …). Multiplié par le nombre de campeurs, ça vaut le coup !
  • Au lac Pukaki : Un camping juste au bord du lac turquoise, avec possibilité de baignade (pour les plus téméraires) et vue sur le Mont Cook, point culminant du pays. Vraiment top !
  • A Wellington : une auberge de jeunesse propose ses quelques places de parking aux vans. C’est exigu (n’y allez pas avec un camping-car) mais ça permet d’être au coeur de la ville et de profiter des commodités de l’auberge (wifi, cuisine, douches, machines à laver). Réservation indispensable.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Nos coups de coeur

Nous gardons de très beaux souvenirs de Nouvelle-Zélande. La grandeur des fjords et les dauphins jouant autour de notre bateau et les millions de moutons de l’île sud. Les routes à couper le souffle au milieu de nulle part, des nuits étoilées magnifiques et des couchers de soleil magiques du côté d’Hokitika. On s’est amusés de cette faune sauvage si peu sauvage. C’est vraiment sympa de Voir des pingouins « en ville » à Oamaru, des phoques qui prennent la pause, des otaries qui jouent dans les ports de plaisance, ou encore des wékas tranquillous sur le bord de la route.
Le parc national de Tongariro a été notre énorme coup de coeur du séjour. On n’avait encore jamais vu quelque chose d’aussi beau que lors de notre randonnée au coeur du parc de volcans ensommeillés aux couleurs martiennes et aux lacs verts.  Et l’activité géothermique de la région de Rotorua nous a offert là aussi des couleurs splendides et des spectacles uniques !
Mais c’est surtout l’expérience d’un road trip de presque un mois dans un van qui nous a le plus plu. Certes, il faut apprendre à vivre dans tout petit, avec beaucoup de promiscuité, quitte à s’agacer un peu, parfois. Mais quand même, cette liberté totale, ces kilomètres avalés à deux, ces jeux à la con lorsque la route est trop longue, ces arrêts au milieu de nulle part, c’est vraiment une expérience géniale à vivre en couple. Le prochain tour du monde se fera-t-il en camping-car ? Qui sait ! 😉

Les applications smartphone indispensables

Qui dit van, camping et road trip dit un minimum d’organisation. Pour le coup, il existe un certain nombre d’applications géniales qui permettent de profiter à fond du voyage en Nouvelle-Zélande en minimisant les prises de tête.

  • Maps.Me : C’est THE application du voyageur, partout dans le monde. Sorte de « Google Maps », cette application communautaire permet non seulement de télécharger des pays entiers hors ligne, mais également d’épingler vos restos préférés, votre prochain hôtel ou le site touristique à ne pas manquer. Il vous permet de commenter vos épingles, et bien entendu de les partager avec la communauté de voyageurs si vous le désirez. Simplement indispensable !
  • Gaspy : Petite application sympa permettant de trouver la station essence la moins chère dans une région donnée. Pas mal quand on sait que l’essence est le premier poste de dépense lors d’un road trip en Nouvelle-Zélande
  • Spark Wifi : L’opérateur téléphonique Spark met à disposition un ensemble de bornes wifi gratuites dans tout le pays pour les détenteurs d’une carte sim Spark. Ne vous emballez pas, ces bornes sont très souvent dans les centres-villes, mais ça reste un bon argument de vente quand on sait à quel point l’accès à internet est compliqué en Nouvelle-Zélande (même dans les hôtels, la connexion gratuite est souvent limitée à 30 minutes par jour). L’application dédiée permet de localiser ces bornes dans tout le pays.
  • Wikicamps NZ : L’application indispensable à tout campeur en Nouvelle-Zélande (elle existe également en Australie). Elle recense tous les campings gratuits, campings payants, douches, points d’eau, points de vidange du pays. Elle aussi communautaire, tout le monde y va de son petit commentaire pour vous dire si le camping vaut le coup ou si c’est l’horreur. Vraiment utile au quotidien.

Le séjour en chiffres

Retour en quelques chiffres clés de notre séjour en Nouvelle-Zélande

  • 28 jours sur place
  • 26 villes/ sites visités
  • 4191 km parcourus
  • 4 types de transports : avion (de Auckland à Christchurch), bus, van, bateau
  • 23 nuits en van, 3 chez les copains, 1 dans un airbnb
  • 4385 $NZ (dollars néo-zélandais) de budget sur le séjour (hors extra), soit 47€ par jour et par personne (1€ = 1,68 $NZ).
  • 19°C de moyenne, avec d’énormes disparités. On a eu très très très froid tout au sud (genre 8°C pluvieux), jusqu’à de beaux 27°C ensoleillés en remontant vers le nord.

Globalement, la Nouvelle-Zélande n’a pas été un pays coup de coeur comme d’autres voyageurs ont pu le vivre. Je pense qu’après l’Asie, le pas a été un peu grand pour nous. On a vécu le retour dans un pays très organisé un peu comme une douche froide. Reste que ce road trip au milieu de paysages grandioses a été une fabuleuse expérience de vie.

3 réflexions sur “Bilan : Nouvelle-Zélande, en route vers la nature sauvage …

    • Mehdi dit :

      Salut les P’tits Coqs ! On est fraîchement arrivés en Bolivie. Ça nous fait vraiment plaisir d’avoir un petit mot de votre part. En rentrant, il nous tardera de venir vous voir. On n’oublie pas l’invitation « gratuite pour les amis » de Milo, votre « commercial en culotte courte ». Donnez nous de vos nouvelles. Bises !
      Au faite, dites à Milo qu’on a vu des Vigognes par ici. On pense à lui à chaque nouvelle bestiole croisée 😉

      J'aime

  1. Odile Etrillard dit :

    Super article, une fois de plus, avec les photos magnifiques ! Côté budget, c’est fou la différence, et on comprend que vous ayez pris une douche froide après l’Asie ! Déjà après 15 jours, ça a fait drôle, alors après 5 mois…

    Juste pour passer le temps : La Nouvelle-Zélande nous aura gratifié du plus beau couchER de soleil de nos premiers 6 mois de tour…

    pour vérifier le pluriel (?), mais dans tous les cas, il y a un trait d’union ! https://fr.wiktionary.org/wiki/tour-opérateur

    Bisous Maman

    >

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s