Bilan : Cambodge, le plein de sourires & de leçons d’Histoire

On a croisé beaucoup de voyageurs qui n’avaient pas aimé l’accueil des Cambodgiens, ni trop apprécié le pays. Au risque d’en choquer quelques uns, nous avons adoré ! Est-ce parce que nous avons été rejoints par Odile, la maman de Violaine, Corentin, son frère, et Victor, son beau-frère ? Est-ce le fait que Victor soit d’origine cambodgienne et parle parfaitement la langue, facilitant grandement les échanges ? Ou simplement le fait d’être tombés sur les bonnes personnes au bon moment ? Qu’importe !
Le Cambodge nous a d’abord surpris par sa chaleur (faut dire qu’on s’était bien pelé au Laos), mais surtout par l’insouciance, la joie de vivre et l’effervescence de ses villes et de ses habitants, d’autant plus quand on se rappelle les drames que ce pays a vécu il y a moins de 40 ans.

De 1975 à 1979, les Khmers Rouges ont dirigé le Cambodge au travers d’une politique dictatoriale extrêmement violente, prônant le retour à la campagne et à l’agriculture, et une société communiste purgée de ses classes, de ses intellectuels, et de toutes religions. Ce régime a tout simplement exécuté 20 à 25% de la population cambodgienne, pour des prétextes allant du niveau d’éducation trop élevé au délit de droit commun, en passant par la dissidence politique réelle ou supposée, ou encore les relations sexuelles hors mariage. Et ce en toute impunité internationale, les Occidentaux et Chinois étant bien trop contents de voir ces Khmers Rouges barrer la route aux Viêtnamiens qui avaient mis en déroute les Américains lors de la guerre du Viêt-Nam et menaçaient la suprématie de la Chine sur le sud de l’Asie.
Il reste peu de traces de cette époque sombre, mais il suffit de regarder les gens et de se dire que toute personne ayant 50 ans ou plus a vécu cette horreur et était en âge de s’en souvenir. Certains la racontent, comme cette femme, ancienne pharmacienne, que nous avons croisé à Siem Reap. Elle nous a expliqué comment elle s’était réfugiée avec sa famille à l’Ambassade de France (qu’ils croyaient, à tort, imprenable) et qu’elle ne doit son salut qu’au fait de s’être cachée sous une pile de draps avec ses enfants. Elle n’a jamais revu son mari.

Il y a bien sûr la terrible prison « S21 », ancien lycée converti en centre de détention et de torture, ou encore les « Killing Fields », fosses communes aux abords de Phnom Penh, que l’on peut visiter. Mais au quotidien, le Cambodge est un pays dynamique, résolument tourné vers le tourisme et vers l’avenir, et peuplé de gens chaleureux, heureux et souriants. Comme si ce pan de leur Histoire, qui a pourtant traîné jusqu’à la fin des années 1990*, n’avait été qu’une parenthèse.

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Nos meilleurs spots

Il y a, dans certaines villes, des hôtels ou restaurants qui nous ont particulièrement marqués. On vous les partage afin que vous en profitiez vous aussi :

  • A Siem Reap : L’auberge de jeunesse « Agogo Hostel ». Un prix imbattable, des lits en dortoirs mais tellement larges qu’on peut dormir à deux dedans, que demander de plus !
  • A Siem Reap : Le restaurant juste à côté de l’auberge. Un petit resto familial où tout coûte 1,5$US et tout est tout simplement délicieux. L’accueil est adorable, on en a fait notre cantine midi et soir, on lui demandait même des plats à emporter quand on partait visiter les temples à la journée.
  • A Siem Reap : Le salon de thé/école de pâtisserie « Ecole du Bayon ». En plus d’être une pâtisserie très sympa, c’est une école qui forme les jeunes femmes défavorisées au métier de pâtissière. Un super moment de partage. Cette boutique finance également une école pour enfants pauvres grâce à la vente de gâteaux.
  • A Battambang : l’hôtel « Lucky Hostel ». On l’avait choisi pour le prix. On a découvert un hôtel tout neuf avec des chambres immenses, un billard, et même une piscine intérieure. La grande classe !
  • A Battambang : le cirque « Phare Ponleu Selpak ». Cette association aide les enfants et jeunes adultes défavorisés en les formant aux arts, et notamment au cirque. Les étudiants donnent quelques représentations par semaine. Le spectacle est d’une très grande qualité et vraiment poétique. A ne rater sous aucun prétexte.
  • A Kampot : la guesthouse « Elephant Dream Guesthouse », tenue par une adorable famille. En plus de chambres d’un bon standing, ils proposent une location de scooters à prix dérisoire, parfaits pour aller explorer les alentours.
  • A Kampot : le restaurant « Old Bridge Kitchen ». L’un des meilleurs restaurants de cuisine cambodgienne de notre séjour. Un service impeccable et des tarifs abordables. On s’y est régalé.
  • A Kampot : le restaurant « the Greenhouse ». Un peu à l’écart de la ville, il faut un tuktuk ou un scooter pour y aller. Mais le jeu en vaut la chandelle. Une cuisine raffinée et des cocktails de qualité vous sont servis au bord de la rivière, dans un cadre enchanteur. Parfait pour y passer une bonne journée. Et on ne vous parle même pas de leur démentiel cookie au chocolat et au poivre de Kampot.
  • A Kampot : le restaurant « Pepe & the Viking », tenu par un jeune couple franco-danois. N’attendez pas un service particulièrement attentionné, il ressemble à celui d’une brasserie parisienne (ou presque). Mais entre leurs délicieux petit-déjeuners avec pain maison et leurs burgers à tomber (incluant des fromages français qu’on n’avait pas mangés depuis des mois !), on y va quand même, et plutôt deux fois qu’une.
  • A Kep : le centre de yoga « The vagabond temple », où nous avons passé une semaine de retraite avec pratique intensive de yoga et de méditation. Une confirmation pour Violaine et une révélation pour moi, on a vraiment adoré l’expérience.

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Nos coups de coeur

De la richesse des temples d’Angkor aux îles paradisiaques du sud, en passant par le dynamisme artistique et culturel de Battambang et l’effervescence de Phnom Penh, tout dans ce pays va de l’avant. Un peu trop vite parfois, et les enjeux sanitaires (évacuation des eaux usées, ramassage des ordures, réglementation anti-pollution en ville) sont trop souvent mis à mal, voire pas considérés du tout.
Nous avons adoré découvrir les temples d’Angkor (qui se payent au prix fort et se partagent avec des dizaines de bus de Chinois !), notamment le temple de Bayon et celui de Ta Prohm, magiques. Nous nous sommes émerveillés de la dimension sociale du pays qui compte un grand nombre d’associations venant en aide aux plus démunis au travers du développement de pôles touristiques tels que le cirque de Battambang, l’école de pâtisserie de Siem Reap, ou quelques restaurants croisés çà et là qui s’inscrivent dans cette belle dynamique. Nous avons aimé la douceur de vivre du sud du Cambodge, à Kampot, où il nous est arrivé de passer des après-midi entiers à buller à la terrasse d’un café. Notre semaine de retraite yoga nous a également fait énormément de bien. Enfin, ce fut sympa de jouer aux Robinsons sur la microscopique île de Koh Ta Kiev où nous avons vécu dans un bungalow au bord de la mer sans eau courante, sans internet, et sans courant si ce n’est celui délivré par un groupe électrogène allumé une fois la nuit tombée.

Le séjour en chiffres

Retour en quelques chiffres clés de notre séjour au Cambodge

  • 28 jours sur place
  • 10 villes/villages visités
  • 1522 km parcourus
  • 6 types de transports : bateau, tuktuk, bus, minivan, scooter, vélo
  • 13 nuits en guesthouse, 5 en centre de yoga, 5 en hôtel, 3 en bungalows, 1 en auberge de jeunesse
  • 1140 $US (dollars américains) de budget sur le séjour (hors extra), soit 16,4€ par jour et par personne (1€ = 1,22 $US). Ce qui est marrant au Cambodge, c’est qu’ils vivent au quotidien avec deux monnaies. Le riel, monnaie locale, et le dollar US. Dans les banques, même aux distributeurs, on retire des dollars. Dans les commerces, les restaurants, les tuktuks… On paye en dollars ! Et généralement on nous rend en riels. Faut faire un peu de gymnastique de l’esprit au départ mais finalement c’est plutôt amusant.
  • 27°C de moyenne, il a fait beau, il a fait chaud, et beau, et chaud, et parfois il faisait pas mal beau et chaud aussi.

On a voyagé lentement au Cambodge. Il faut dire qu’après le Laos, difficile de repartir à fond les ballons, on y prend goût. Puis c’est un pays qui s’y prête bien, où il est agréable de se poser en terrasse et de regarder la vie passer. Les températures sont agréables, on y mange bien (même s’il faut parfois un peu chercher), et les Cambodgiens sont sympathiques. Aussi, il nous reste beaucoup à découvrir, et notamment les régions du Mondolkiri et du Ratanakiri, à l’est du pays, plus sauvages et nature. On retournerait bien faire une plus longue retraite de yoga également, tant la dernière nous a fait moralement et physiquement du bien. Cambodge, on reviendra, et on a hâte !


* Jusque dans les années 1990, les Khmers Rouges, même réduits à une guérilla dans l’ouest du pays, étaient les seuls véritables dignitaires cambodgiens reconnus par l’ONU ! Il aura fallu que les Cambodgiens se battent sur la scène dimplomatique et politique internationale pour qu’un procès pour « crime contre l’humanité » soit enfin ouvert contre les dignitaires du mouvement. Plus d’informations sur l’article Wikipedia traitant des Khmers Rouges.

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