Comme sur des roulettes, ou presque !

En arrivant en Inde, je m’attendais à prendre des transports similaires à ce que j’ai connu au Sénégal. Et bien non rien à voir. Pas de gigantesques nids de poule qui obligent à rouler sur la piste à coté de la route, pas de portière de taxi qu’on tient pour ne pas qu’elle s’ouvre, pas de pare-choc bricolé avec de la ficelle. En revanche, les bus et jeeps pleins à ras bord au point que certains voyagent dehors, c’est assez courant !

Le métro

Pour tester le métro indien, le passage par une grande ville est obligatoire. A Delhi, il est incontournable pour éviter les arnaques en arrivant à l’aéroport (voir l’article Arnaques à l’Indienne). Il est très moderne et rapide, va à peu près partout, et ne coûte vraiment pas cher. Et surtout, il nous a permis de ne pas prendre de rickshaw dans Delhi où la circulation est plus que flippante. Globalement, les Indiens conduisent comme des tarés, mais à Delhi, c’est pire. Mieux vaut garder cette expérience pour les prochaines étapes.

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Le métro à l’heure de pointe… Sans les pieds, sans les mains !

Les rickshaws

Les rickshaws (ou tuk-tuk) sont des véhicules à 3 roues qui permettent de transporter de 4 à 10 personnes en moyenne. Ils sont incontournables absolument partout. Dans toutes les villes que nous avons visitées, le nombre de rickshaws est en journée largement supérieur au nombre d’utilisateurs. Autant dire que pour négocier les prix, nous étions très souvent en position de force. D’autant plus que les Indiens sont extrêmement individualistes : au lieu de se concerter et de tous proposer le même prix aux touristes, chacun vient court-circuiter l’autre avec une nouvelle offre. Si bien qu’il est assez simple d’obtenir le juste prix. Si vraiment vous pensez que c’est trop cher, commencez à marcher dans la direction de votre hôtel. Très rapidement, vous serez abordé par un rickshaw libre puis par un deuxième, voire un troisième et on recommence !

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Autre option pour payer moins cher : allez directement sur la route et commencez à marcher dans la bonne direction. Dès que vous voyez passer un rickshaw avec des passagers à bord (et de la place disponible), arrêtez le et demander lui s’il est ok pour 10 ou 20 roupies par personne. Généralement, il dira oui. C’est à peu près le prix payé par les Indiens pour une course en ville jusqu’à 4-5km.

La nuit, c’est un peu plus compliqué car il y a moins de rickshaws. Le plus simple est de demander le tarif à l’hôtel avant d’arriver et de lâcher un peu de lest si besoin.

Pour information, le prix d’un rickshaw en ville pour deux varie de 50 à 100 rs selon la distance. La nuit ça peut grimper jusqu’à 150 rs. Au-delà, n’acceptez pas le prix, c’est trop cher. La nuit, attention à avoir de la monnaie pour payer le prix exact. Les chauffeurs en profitent parfois pour obtenir 20 à 30 roupies de plus que le prix convenu et il n’y aura pas de magasins ouverts pour faire de la monnaie.

Les bus locaux

Le transport le moins cher en Inde est incontestablement le bus local (ordinary bus ou government bus). C’est aussi de loin le moins confortable. Les sièges sont en bois, trop étroits pour le gabarit occidental, il y a peu de place pour les jambes et les suspensions ne sont généralement qu’un vieux souvenir. Pour des trajets allant jusqu’à 6-7h, c’est tout de même supportable… à condition de ne pas monter au milieu du trajet ! Dans ce cas, il est plus que probable que vous voyagerez debout, au milieu de l’allée dans le meilleur des cas, les fesses en dehors du bus dans le pire. Mais quelques soient les conditions, c’est un moyen génial pour rencontrer des gens adorables et échanger en anglais ou par signes quand on n’a pas mieux. Rassurez-vous, il est aussi possible de réserver un bus haut de gamme, avec des sièges confortables et l’air conditionné. Mais ça reste à faire au moins une fois (par exemple Haridwar-Rishikesh en 1h) même si on n’a pas/plus l’âme d’un routard.

Les Jeeps

La jeep est une bonne alternative au bus, notamment sur les routes de montagne. Il s’agit de voitures équipées de sièges pour 10 à 14 passagers avec les bagages sur le toit. 14 passagers indiens ! Autant dire qu’avec Mehdi, on a souvent chanté « les sardines » de Patrick Sébastien. Pour les suspensions, ça se joue à pile ou face. Et pour le chauffeur, il y a visiblement une prime d’as du volant âprement disputée ! Mais c’est globalement plus confortable et nettement plus rapide que le bus.

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Contrairement au bus qui part plus ou moins à l’heure, la jeep ne part que lorsqu’elle est pleine. Il faut donc être patient, très patient. Les places à l’avant et au milieu sont très prisées car nettement plus confortables que celles dans le coffre. Le premier arrivé est le premier servi. Enjoy !

Le train de jour

Notre premier voyage en train a été extrêmement confortable ! Delhi – Haridwar, 5h de trajet et 1h de retard (tellement normal en Inde qu’on ne relève même plus!), en classe 3AC (comprendre 3ème classe avec air conditionné). Nous avons choisi cette classe en suivant les conseils de blogueurs et on a été extrêmement surpris par le niveau de confort. Les sièges sont larges et confortables, il y a de la place pour les jambes (même dans le fameux carré haït par les utilisateurs de la SNCF), la température dans le wagon est très agréable et… le repas est offert  (le petit déjeuner dans notre cas!). Des serveurs distribuent à chacun un bouteille d’eau d’1l et une brique de jus de mangue, un thermos de café ou thé, des toasts avec beurre et confitures, un plat chaud végétarien ou non, et des biscuits. Le tout pour 800 rs (roupies) par personne soit environ 11 euros pour 230 km. Sauf qu’en faisant nos comptes, on s’est vite rendu compte qu’on ne pouvait pas dépenser plus de 1000 rs tout compris par personne et par jour pour rester à flot pendant 1 an. Exit donc la 3AC, welcome dans la classe inférieure, la 2S.

Les sièges sont un peu moins larges mais restent confortables, la clim est remplacée par des ventilateurs au plafond (la place à côté de la fenêtre est un must incontournable pour un peu plus de fraicheur) et ici pas de repas gratuit.

Préparez vous à avoir chaud voire très chaud ! En même temps, il fait chaud à peu près partout en Inde donc quelques litres de transpiration de plus ou de moins ne vont pas changer grand chose ! Certes c’est moins fun que la 3AC mais ça coûte beaucoup moins cher. Le trajet Haridwar – Chandigarh nous a coûté le modique somme de 285 rs pour deux soit 1,95 euros par personne pour 210 km !!!! Imbattable !!! A ce tarif, on se paie même le luxe d’un petit excédent de trésorerie en  fin de journée, aussitôt réinvesti ce jour là dans un menu Mc Maharaja chez Mc Do. La classe à Dallas ! 😉

Voyager de nuit

Pour faire des économies (car pas besoin l’hôtel), profiter plus longtemps des endroits sympas, et trouver le temps moins long (en 17h de train entre Amritsar et Jaipur, on a vite fait le tour de son répertoire musical), rien de tel que de voyager la nuit. En Inde, les distances sont tellement énormes qu’on a toujours le choix entre plusieurs options de train et bus. Tout dépend du trajet et du budget qu’on est prêt à dépenser. S’il y en a pour tous les prix, la qualité de sommeil est également très variable. Et pour compliquer le choix, quand on voyage à deux, notre sommeil n’est pas dérangé par les mêmes choses.

Personnellement, je préfère le train car il y a peu de chaos (et oui pas de nids de poule sur les rails !), mais c’est généralement très poussiéreux et les couchettes sont un peu raides et trop courtes pour le gabarit occidental, ce qui a souvent empêché Mehdi de dormir.

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Mehdi a un faible pour les bus sleeper, nettement plus confortables (même si les couchettes mesurent max 175 cm de long !!!) et disponibles en version 2 places assez larges, avec  un rideau pour l’intimité donc sympa en couple. Sauf que si le bus n’a plus de suspension (50% de chance), que le chauffeur fait un usage immodéré du klaxon à 3h du mat (70% de chance ) ou que la route comporte des nids de poule (100% de chance) la petite Violaine se retrouve avec des valises sous les yeux en arrivant le lendemain matin alors que Mehdi a profité d’un sommeil réparateur ! Du coup on alterne, même si souvent le train décide à notre place. A moins de réserver sa place mini 10 jours à l’avance, il n’est pas rare que notre train (si la liaison existe) soit déjà complet, notamment le week-end.

Sachez qu’il est possible de réserver les billets de train directement en ligne en ouvrant un compte sur le site cleartrip.com (voir toutes les explications sur le blog unallersimple.fr). Attention le nombre de réservation via ce site est limitée à 6 par mois pour les étrangers. C’est contournable en ouvrant plusieurs comptes ou en passant par une agence de voyage.
Par contre les sites internet de réservation de bus n’acceptant pas les CB étrangères, il est obligatoire de passer par votre hôtel ou une agence de voyage, moyennant une commission de 50 à 100 rs par billet.

Quoiqu’il en soit, lors de votre prochain voyage en Inde (mais si, vous verrez, vous y viendrez !), vous aurez le choix. Amusez-vous bien ! 😉

PS : cet article est spécialement dédicacé à Jacques, alias Super Tonton, alias le roi du rail.

4 réflexions sur “Comme sur des roulettes, ou presque !

  1. the Big Snail dit :

    Bien résumé les différents moyens de transport qu’on trouve en Inde.

    Juste pour préciser sur les auto rickshaws :
    Le prix depend des villes. À Delhi c’est actuellement 25₹+8₹/km par exemple

    Ola, le Uber local, propose aussi des rickshaws en plus des taxis. Avec l’appli Ola, il est possible soit de réserver un rickshaw Ola, soit, s’il n’y en a pas à proximité, de connaître le tarif pour négocier avec un autre rickshaw wala. Par contre il faut avoir un numéro local pour créer un compte.

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  2. Jac dit :

    bravo les reporters globe-trotteurs !
    Je en sais pas s’il y aura un épisode 2, mais je t’attends quand même avec impatience car les prochaines étapes devraient réserver encore des particularités croquignolesques !
    JST

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    • Violaine dit :

      On ne fera pas d’article complet sur les transports laotiens, mais on peut te dire que ce fut épique ! Entre les bateaux avec des moteurs de tondeuse à gazon et les bus qui mettent 13h pour faire 350km (incluant 30min de réparation de panne sur le bord de la route), on regrette franchement nos trains couchette indiens !

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