Vidéo : Et enfin, l’Hymalaya !

Après quelques jours passés à recharger nos batteries dans une auberge très « peace & love » de Rishikesh, temple du yoga, des petits cafés branchés et des babas-cool en tout genre, nous étions fin prêt à en découdre avec la montagne ! Enfin … C’est ce qu’on croyait !

En route pour l’Hymalaya !

Rejoindre Gangotri, ça se mérite ! Lever à l’aube pour prendre le bus de 6h30 pour Uttarkashi (mais qui est finalement parti à 8h30… Normal…). 150km et 7h (!!!) de bus plus tard, nous faisons escale pour la nuit. Le lendemain, après 3h30 de Jeep pour effectuer les 100 derniers kilomètres (et 2300m de dénivelé !) de piste/mauvaise route, nous arrivons enfin dans le village de Gangotri. La route est éprouvante mais magnifique. Elle sillonne entre les rizières en cultures à étages, les torrents tumultueux, les temples et autres villages pittoresques. Pour pleinement en profiter, il vaut mieux se placer à droite de la Jeep, juste derrière le chauffeur.

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Le temple de Gangotri, dédié à la déesse Ganga

Gangotri, 3415m d’altitude, est l’une des portes d’entrée de l’Hymalaya indien. Point de départ du trek jusqu’à Gaumukh, où, selon la tradition hindouiste, le Gange prend sa source. Ici ni rickshaws, ni klaxons… La grande majorité des véhicules doivent stationner à l’entrée du village. Tout est coloré, apaisé, avec une offre hôtelière conséquente et une magnifique vue sur les montagnes. Nous choisissons le premier hôtel à l’entrée du village : 500 roupies (6,70€) la nuit dans une chambre double sommaire mais confortable, mais sans eau chaude ! Oups, la prochaine fois on demandera avant de s’installer.

On se promène dans le village, on mange dans un petit restaurant qui nous a l’air plutôt sympathique. C’est assez bon… jusqu’au moment où Violaine me fait remarquer un asticot dans mon assiette censée être végétarienne ! Bah, tant pis, on manque de protéines animales dans ce pays.

A 17h, direction le poste du garde forestier pour demander un permis de trek, obligatoire pour entrer dans le parc national de Gangotri. Le trek attire du monde, c’est un peu la cohue, mais 45 minutes plus tard, on ressort avec notre sésame. Pour 600rs (8€) par tête, nous gagnons le droit de souffrir pendant 36km aller-retour !

On se fait un petit restaurant le soir… suivi d’une intoxication alimentaire. L’offre culinaire à Gangotri est quand même sacrément faible !

21h : au lit. Le lendemain, le réveil sonne à 4h30 pour être à l’entrée du parc (située 2km en amont) à son ouverture, à 6h.

Le pèlerinage

Le lendemain, hyper motivés, nous effectuons les premiers kilomètres dans la nuit noire, à l’éclairage de la frontale. Cela ne pose pas particulièrement de problème puisqu’il n’y a qu’un seul et unique chemin dans cette direction. Nous arrivons, un peu euphoriques, à 5h45 à l’entrée du parc. A 6h pétantes, on nous ouvre la grille. Le garde forestier, en plus du prix d’entrée, nous retient une caution de 300rs (4€) pour qu’on ramène nos déchets, astucieux quand on connait le peu de conscience écologique des Indiens.

L’aube se lève, nous sommes seuls, avec comme seul bruit celui de la rivière  Bhagirathi, tumultueuse en contre-bas. Les premiers rayons de soleil « allument » les cimes environnantes : le mont Shivling (image d’entête) et les pics de Bhagirathi, tous entre 6500 et 6900m d’altitude. Le spectacle est à couper le souffle !

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Les pics de Bhagirathi, majestueux, nous accompagnent tout au long du trek

Après 2h de marche, on se fait doubler par les premiers convois de mules. On traverse quelques gués, soit sur un pont de bois assez sommaire, soit en sautillant d’un rocher à l’autre. On refait le plein d’eau en remplissant notre gourde filtrante dans les torrents que l’on croise : fraîcheur garantie ! En 4h30 de marche dans l’ensemble assez facile, on a avalé les 14km et 500m de dénivelé positif qui nous séparaient de Bhojbasa. Ce « camp de base » est composé d’un hôtel-restaurant, d’un poste de police, de quelques tentes et d’un ashram. C’est dans ce dernier que nous choisissons de passer la nuit. 350rs (4,5€) par personne en pension complète : imbattable ! Notre thali avalé, on redémarre pour les 4 derniers kilomètres qui nous séparent de Gaumukh. On s’attendait à tout, sauf à une telle difficulté.

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Courageux pèlerin en tongs dans les pierriers

Il nous a fallu 2h10 pour accomplir ces 4 kilomètres de pierriers dans lesquels on s’est plusieurs fois perdus. Les chaussures de rando montantes sont vivement conseillées, même si on a croisé quelques Indiens en tongs !!! Pas mal de pèlerins nous interpellent, nous demandent d’où on vient, où on va et s’ils peuvent faire un selfie avec nous. Carrément sympas !

Enfin, le lieu sacré apparait. Petite déception, on s’attendait à voir le glacier donnant source à la rivière, mais ce dernier a reculé et se cache derrière un recoin de la montagne. On se contentera de la poche d’eau de laquelle part une timide rivière qu’on imagine mal devenir quelques centaines de kilomètres plus loin l’immense Gange observé à Haridwar et Rishikesh. Une petite demi heure de pause et c’est reparti pour la descente, toute aussi douloureuse que la montée (pierriers obligent !).

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la poche d’eau laissée par le retrait du glacier de Gaumukh

L’expérience « Ashram » et le retour

De retour à Bhojbasa, on sympathise avec un Allemand aventurier (le mec sillonne le monde avec son camion de marchandises) et un jeune couple d’étudiants indiens super mignons, avec qui nous avons partagé notre « chambre ». Quand on parle de chambre, parlons plutôt de minces matelas posés à même le sol et permettant à 4 personnes de dormir les uns contre les autres. Convivial !

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Coucher de soleil sur les pics de Bhagirathi depuis Bhojbasa

19h, heure du souper. Le soleil s’est somptueusement couché sur les sommets depuis 1h déjà (sur le fuseau horaire de l’Inde, il fait nuit très tôt, même début octobre) et il fait franchement caillant ! Le souper dans un ashram, c’est carrément dépaysant ! Ici tout se fait dans la cour extérieure. On doit se déchausser par moins de 0°C et s’assoir à même le sol gelé les uns à côté des autres. Des gamelles nous sont distribuées. Un thali (décidément), des chapatis (galettes de pain indien) et de l’eau (chaude !) nous sont abondamment servis, re-servis, re-re-re-servis, à s’en faire péter le bide.

On file ensuite se coucher. Rien de mieux à faire que d’essayer de se réchauffer dans nos sacs de couchage par -5°C (même température garantie dedans que dehors !). Au moins, on ne se fait pas em***der par les moustiques. Entre l’altitude, le froid et mon ventre qui a du mal à se remettre de mon intoxication alimentaire, je me chope de la fièvre toute la nuit. Le pied ! Après une (relative) bonne nuit de sommeil pour Violaine, moins pour moi, on se lève à 5h pour attaquer notre retour vers Gangotri. Il fait toujours aussi froid.

Après 4h de marche à n’en plus pouvoir, et après avoir récupéré sans encombre la caution « déchets » de 300rs, nous sommes de retour à Gangotri à 9h30, je suis totalement déconfit. Violaine, elle, est nettement plus en forme !

Un retour à la civilisation pas vraiment de tout repos

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15 dans ce genre de Jeep, ça vous dit ?

Hors de question de rester une nuit de plus dans ce village, nous décidons de prendre une Jeep et d’essayer de dormir à Rishikesh le soir même.
Autant l’aller s’était relativement bien passé, confortablement installés à 10 dans une Jeep, autant le retour …

 

10h : Voiture pleine à craquer de 14 personnes plus un enfant (4 devant, 4 derrière, 6 dans le coffre aménagé de banquette, l’enfant sur les genoux du papa).
10h40 : on s’arrête (déjà ?) dans un village. Crevaison … ah ! Heureusement l’incroyable capacité des Indiens à déployer d’impressionnants systèmes D nous permet de repartir à 11h10.
11h35 : barrage policier. on y reste un bon quart d’heure, le temps que les camions/bus/jeeps se croisent.
11h50 : tout le monde s’excite autour du gamin. Va-t-il vomir ? Ah non, ce n’est qu’une pause caca.
12h10 : on s’arrête littéralement au beau milieu de la route, le chauffeur discute avec un pote.
13h10 : Uttarkashi, 28km …
13h40 : cette fois c’est la pause caca du papa.
14h10 : on arrive enfin. Ouf, reste plus qu’à récupérer une seconde jeep pour nous amener à Rishikesh. Fastoche, il y en a justement une qui attend, vide. Top !
15h : nous ne sommes toujours que 4 à attendre que la jeep de 10 places se remplisse. 15h30 : toujours personne. On se dit que ça pue, qu’on va devoir passer la nuit à Uttarkashi. Pas le pied.
16h : finalement le chauffeur et un de ses potes viennent nous voir et nous disent qu’il n’y a personne d’autre sur ce voyage. Que ceux qui voyagent avec nous n’ont que 800rs  (11€) et qu’il nous faudra donc payer la différence (2200rs=29€), pour un montant total équivalent à une Jeep pleine pour que cette dernière prenne le départ.
On refuse. 1500rs alors ? Non. 1200rs ? Toujours pas. Il nous dit alors que le départ se fera le lendemain matin, 5h. Pas de problème, prendre un hôtel ici et une jeep au juste prix demain nous reviendront toujours moins cher. On récupère nos sacs et on commence à s’en aller. Il nous rattrape : Ok pour 800rs (au lieu des 600rs convenus si la jeep avait été pleine). Marché conclu. Comme quoi quand ils veulent, ils savent faire des efforts !

On prend la route à 16h15. On arrive, exténués, à 21h à Rishikesh. On retrouve notre petite auberge super sympa, propre, calme et avec une (vraie !) douche d’eau chaude apparaissant telle un messie après ces trois jours à baigner dans notre crasse. L’aventure valait le coup mais 2 jours de repos dans ce havre de paix avant de repartir sur les routes indiennes ne sont vraiment pas du luxe !

 

 

 

 

2 réflexions sur “Vidéo : Et enfin, l’Hymalaya !

  1. the Big Snail dit :

    Dommage cette histoire de glacier qui se retire. Gaumukh signifie « gueule de vache » justement parce que le glacier a cette forme… J’avais poussé après Gaumukh jusqu’à Tapovan. C’était magnifique.

    Par contre c’est pas mal la caution pour les déchets. Quand je l’avais fait il y en avait partout…

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    • Violaine dit :

      Nous avons choisi de nous arrêter à Gaumukh, pour prendre du temps ailleurs et pour cause de mal des montagnes… Tapovan, ce sera pour une prochaine fois !

      La caution semble porter ces fruits, il y avait très peu de déchets et beaucoup de poubelles ! Idem du côté de Dharamsala quand nous sommes montés jusqu’à Triun. C’était plutôt propre grâce au travail d’une association de sauvegarde et sans caution. L’écologie n’est pas une cause perdue en Inde, c’est une très bonne nouvelle !

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